L'actualité des professions de santé

Formation initiale : les paramédicaux loin d’être satisfaits

Publié le 15 octobre 2013, 10h45.

La formation des professionnels libéraux de santé était au programme de la journée de rentrée du Centre national des professions de santé (CNPS) le 11 octobre. Quel regard portent les paramédicaux sur leur formation initiale ? Le bilan est très mitigé.

formation initiale orthophonistes

Si l’objectif initial affiché de la réingénierie des diplômes (déclaration de Bologne en 1999 et conférence de Prague en 2001) était l’harmonisation des cursus de formation, finalement « très peu de professions ont vu leurs cursus intégrés au système Licence-master-doctorat (LMD) », a expliqué Anne Dehêtre, Présidente de la Fédération nationale des orthophonistes (FNO). En effet, seuls les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les infirmiers et les orthophonistes en ont bénéficié.

Les orthophonistes sont parvenus à obtenir le grade de master dans des conditions particulièrement difficiles et Anne Dehêtre a souligné les incohérences entre les positions des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé concernant le contenu professionnel de ce master. « Le diplôme de master comprend une dimension prospective, à travers des enseignements sur l’économie de la santé et la santé publique, explique-t-elle. Le grade de master (qui n’équivaut pas nécessairement au diplôme, N.D.L.R.) repose sur une approche différente de la pédagogie qui accorde une place importante à la formation pratique. »

La réforme Fioraso, « une occasion manquée »

La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, dite réforme Fioraso, adoptée en juillet, ne fait pas non plus l’unanimité chez les professionnels de santé. « Cette réforme est une occasion manquée », a affirmé Alain Bergeau, Président de la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR). Il doute de l’intérêt de la mise en place d’une L1 paramédical à titre expérimental et considère que le ministère de l’Enseignement supérieur prend trop la main sur la définition des formations. Actuellement, la formation de quatre ans des masseurs-kinésithérapeutes est reconnue au niveau licence. « S’agissant des ostéopathes, il serait souhaitable de fixer la durée de la formation à cinq ans », estime également Alain Bergeau.

Enfin, Philippe Tisserand, Président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), regrette que « l’université refuse de reconnaître les sciences infirmières comme une discipline à part entière, à la différence des autres pays francophones ». Et de déplorer qu’en dehors de l’encadrement, « la progression de carrière n’est pas intégré de même que la recherche. »

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