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Études de kinésithérapie : le Gouvernement tranche enfin

Publié le 24 novembre 2014, 12h00.

Le Gouvernement a fait marche arrière. Il s’est finalement engagé à déployer sur quatre ans la formation des Masseurs-Kinésithérapeutes.

Raymond Le Moign, Directeur adjoint du cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé, l’a annoncé le 13 novembre aux représentants des organisations de kinésithérapie : la formation de masseur kinésithérapeute se déclinera sur quatre années de formation spécifique en institut et ce, dès la rentrée de septembre 2015.

S’il n’a pas précisé quel grade universitaire serait délivré à l’issue de ce cursus, il a expliqué que les diplômés bénéficieront de 240 ECTS (European credits transfer system), un système de crédits harmonisé au niveau européen permettant d’identifier, quel que soit le pays où l’on effectue ses études, les connaissances acquises. Les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur se sont engagés à finaliser d’ici juin 2015 les travaux de réingénierie pour rénover la formation initiale.

Suppression du concours mais pas de grade master

Pour offrir aux candidats des chances équivalentes de devenir masseur kinésithérapeute quels que soient leur lieu d’habitation et leurs ressources, le Gouvernement souhaite supprimer, dès la rentrée 2016, le concours d’entrée. Aujourd’hui organisé dans un tiers des écoles françaises, il pourrait être remplacé par une année précédant l’entrée en institut de formation.

Filière Première année commune aux études de santé (Paces), Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) ou encore première année de licence de sciences : plusieurs formes sont envisagées pour définir les modalités de cette année afin « d’assurer une diversité des recrutements et des profils ». Le ministère attend, pour statuer, les conclusions des travaux en cours sur la réforme de la Paces.

Quant à la reconnaissance au grade de master souhaitée par les organisations professionnelles et les étudiants, le Gouvernement la limiterait aux étudiants qui poursuivraient des études. Elle serait alors possible en capitalisant les 60 crédits ECTS obtenus lors de la validation de la première année.

Rappelons que le Gouvernement avait proposé en janvier 2013 une reconnaissance au niveau master 2 pour les étudiants d'Instituts de formation des masseurs-kinésithérapeutes (IFMK) qui choisiraient de suivre un cursus en pratiques avancées d’un an et au niveau licence pour les autres (avec une entrée directe en seconde année de master pour les étudiants ayant effectué une année préalable à l'entrée en IFMK).

Formation des kinés : Les syndicats globalement satisfaits

Les syndicats professionnels et d’étudiants sont majoritairement satisfaits de l’annonce du ministère de la santé, laquelle va dans le sens d’une revalorisation de la profession. La Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie (FNEK) juge par exemple qu’elle est « synonyme d’accès au système universitaire, à la recherche et à la mobilité internationale » et qu’elle « met fin à une sélection sur critères sociaux ». Le Syndicat national des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR) estime pour sa part que « les représentants de la profession doivent rester prudents mais il faut aller de l’avant, savoir saisir la main enfin tendue par le ministère ».

Néanmoins, la Fédération française des masseurs kinésithérapeutes rééducateurs (FFMKR) demande au Gouvernement de clarifier certains points. Elle « exigera » notamment le « caractère obligatoire » de l’année précédant l’entrée en école et « n’acceptera pas que les modalités de sélection puissent être autre chose qu’une année universitaire majoritairement Paces ». En outre, elle « restera vigilante sur l’équivalence du diplôme d’État de kiné à 300 ECTS, notamment dans le cadre des équivalences de diplômes européens ».

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