L'actualité des professions de santé

Vers un big-bang de la formation des infirmiers ?

Publié le 10 novembre 2014, 12h00.

La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) appelle à réformer les professions paramédicales - en particulier les infirmiers - et formule des propositions pour « réduire les tensions sur les métiers du secteur sanitaire ». Si sa démarche se situe dans le cadre de la guerre entre l’hôpital privé et le secteur public, elle n’est pas sans impact sur l’avenir de l’ensemble de la profession d’infirmière, salariée ou libérale.

Dans un communiqué de presse publié le 5 novembre sur son site Internet, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) réclame une réforme de la formation des personnels paramédicaux.

« La profession d’infirmier est au cœur de notre activité. La santé peut être un secteur porteur en termes de création d’emplois qualifiés pour peu que l’on fasse tomber les barrières à l’entrée et que l’on puisse mettre en place une véritable voie de promotion des salariés en développant l’ascenseur social via des équivalences de formation », suggère Lamine Gharbi, Président de la FHP, cité dans le communiqué.

La FHP pointe notamment du doigt les quotas instaurés en 1ère année de diplôme d’État infirmier alors même que « la profession d’Infirmier diplômé d’État (IDE) connaît une importante vague de départs en retraite, ce qui aggrave une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et entraîne une concurrence acharnée entre établissements pour recruter et conserver leurs personnels infirmiers ».

Des difficultés par ailleurs « aggravées par le déficit d’image important dont souffre la profession et qui conduit les jeunes à s’écarter d’un métier qu’ils jugent difficile et peu gratifiant ».

La FHP oublie la responsabilité des employeurs eux-mêmes

Ce constat, fait opportunément en pleine semaine du Salon infirmier, est celui d’une fédération d’employeurs. Si elle s’inquiète légitimement de l’évolution de la démographie professionnelle des infirmiers, la FHP oublie la responsabilité des employeurs eux-mêmes, publics ou privés. Pourtant, les conditions de travail offertes, les organisations mises en place ou les erreurs fondamentales de management dans les établissements poussent aussi de nombreux infirmiers à choisir d’exercer en libéral. Un statut qui permet à nombre d’entre eux de redonner du sens à leur profession…

En attendant, la FHP propose, entre autres, de supprimer les quotas à l’entrée des écoles dispensant des formations réglementées afin de les rendre accessibles au plus grand nombre mais aussi de favoriser la création d’écoles privées et d’instituts de formation privés (y compris par les cliniques privés). Elle demande également de « développer la promotion des salariés en facilitant l’accès à la formation d’IDE pour une personne ayant obtenu le diplôme d’aide-soignant ».

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